Métachronique

Métachronique

dimanche 17 juin 2018

Vincent et Mélanie.




Comme dans la vie, la putain de vraie vie, j’ai eu mal au bide, j’ai versé des larmes amères. Ce ne sont pas des visages d’acteurs que l’on observe, qui vous gueulent au visage, qui crachent sur l’injustice dont ils sont victimes, mais bien des amis, des parents, des frères et sœurs, des voisins, des gens quoi. Des gens comme vous et moi, humains jusqu’à la moelle, qui se battent pour le rester, pour rester dignes, pour survivre.

"En guerre" est une éprouvante immersion dans la réalité, dans le combat vital de valeurs contre la connerie de ceux qui s’en foutent. En guerre est un film dur, un film important, un miroir fidèle et sans concession de ce qu’est le monde d’aujourd’hui. Celui dans lequel naissent encore des enfants, celui qu’on leur laisse, qu’on leur forme, qu’on balance sans pitié dans leurs petites pattes innocentes. Démerdez-vous avec ça !

Comme dans la vraie vie, c’est noir, sans grand espoir, les hommes, les femmes se divisent, s’allient, ne font qu’un ou se renversent, l’humain prend cher, il souffre, mais il tient bon. J’ai encore des larmes et de la rage au bord des yeux, je les aurais bien emmenés jusqu’à Agen...

lundi 7 mai 2018

"On se sent aux lèvres un baiser qui palpite là, comme une petite bête..."



J’ai pleuré toutes les larmes de mon cœur, de ce cœur qui aime et qui souffre, de ces cœurs qui battent si fort les uns contre les autres, en silence ; qui se battent si fort contre une vie qui les malmène, contre l’amour qui les torture.

La beauté de Call me by your name est dans le temps qui passe, lentement, dans l’éclosion des sentiments et des douleurs. La beauté éclate dans toutes les langues, se dore sous le soleil brûlant de l’Italie, se prélasse sur des corps qui se cherchent, qui se trouvent, se perdent ou s’abandonnent. La beauté se niche dans les dialogues délicats, dans le flou si doux de l’interdit et du caché, dans la représentation si naturelle, si vraie, de l’élan amoureux. La beauté prend le nom de l’autre, se donne à lui toute entière.


Le film est fait de lenteur et d’instants, d’éclats de justesse, il dit l’ineffable dans sa photographie fragile. Il transpire de subtilité, de moments de grâce qui sauront marquer les mémoires cinématographique et émotionnelle. 

jeudi 12 avril 2018

"Même en sarouel, je suis sexy."



Jouissif de justesse et de naturel. La deuxième saison d'Irresponsable est finie et c'était si bon. Pour tout avouer, j'ai complétement oublié la saison 1. Je ne me suis souvenue que de cette impression de vrai, de flemme, de régression. J'ai ri fort, toute seule, comme si personne ne pouvait m'entendre, comme si c'était un peu honteux, comme un plaisir coupable qui ne l'est même pas. Irresponsable est irrésistible, Irresponsable l'est totalement, Irresponsable est cathartique, libère, soulage. Et si la vie, c'était ça : des imprévus, des erreurs, des conneries qu'on répète, de la weed qui se consume, des mensonges insouciants, de la honte, un peu de gêne, du chagrin, l'adolescence et en sortir, et puis rire parce que ça soulage de tout. Rire parce c'est con, ça fait du bien, c'est débile et génial. Juste rire. 

Une série qui défonce comme un joint, qui grise comme quelques verres, qui éclate comme une bonne baise. Une série qui fait plaisir. 

lundi 20 février 2017

La langue des hommes.


La science-fiction ultra-réaliste, minimaliste de Premier contact, offre à son réalisateur la chance de pouvoir centrer son histoire sur l'humain. Terrestres ou extra-, il s'agit de nous, de ce qu'on dit, ce qu'on essaie de dire et de ce qu'on ne dit pas. Le rythme est plutôt lent, tendu, au service d'un scénario fort et lisible, sans jamais tomber dans une niaise simplicité (ce qui manquait récemment au cinéma de SF). L'image laisse bouche bée, chaque plan est une photographie somptueuse, où jouent les ombres et les éclats. Tout est maîtrisé au millimètre, même le jeu des deux acteurs principaux qui dévoilent ici leur potentiel dramatique. La performance d'Amy Adams est spectaculaire, elle joue avec finesse et complexité cette linguiste-héroïne au super-pouvoir qui peut sauver le monde, la communication. Denis Villeneuve aussi possède une arme puissante : il parle un langage universel, le cinéma.

lundi 16 janvier 2017

Tout l'amour.


Je n'aime pas Dalida, ni ses chansons, ni son physique. Ses R qui n'en finissent pas de rouler, son chant exubérant, sa chevelure de poupée Barbie. Sa vie ne m'a jamais intéressée, en fait.
Et puis j'ai entendu Lisa Azuelos parler de son film Dalida, sur Dalida, avec des chansons de Dalida, le cauchemar en grand écran. Mais tout ce qu'elle disait à propos du film paraissait vrai et sensé, c'était juste la vision d'une femme sur la vie d'une autre femme. C'était une réalisatrice curieuse qui avait simplement cherché à comprendre.
Alors j'ai pris un billet, j'ai choisi un bon siège, une belle place et le film a commencé.
Très vite, Dalida, qui était pour moi une inconnue, est devenue une amie. Je lui ai trouvé un charisme, une prestance et des fêlures. Très vite, chacune de ses chansons m'a paru forte, puissante, reflétant toute sa vie.Très vite, Sveva Alviti n'était plus Sveva, elle était Iolanda, elle était Dalida.
Une larme a bordé mon œil, à l'Olympia, lorsqu'elle chante, lorsqu'elle vit la chanson de Lama « je suis malade », mais la désynchronisation du play-back a ravalé ma larme.
Il y a quelques longueurs et nous ne voyons pas tout, mais deux heures sont trop courtes pour raconter quelqu'un.


L'essentiel, ce qui aura régi son existence, elle le chante et je l'écoute maintenant avec presque du plaisir : "ma vie est inutile si tu ne m'aimes pas"

samedi 15 octobre 2016

Y tu mama tambien

L'insoutenable incommunicabilité des êtres

C'est le bal tragique de mots qui fusent, d'émotions ravalées, de ce qu'on exprime chacun avec maladresse. C'est l'histoire pathétique d'un repas de famille que l'on a tous vécu, entre le bonheur absolu et le malaise général bouilli dans la canicule. 
Dolan magnifie la banalité, il honore le populaire et filme, avec une extrême sensibilité, tous les mots qu'on ne sait pas se dire. Entre gens qui s'aiment. On ne les dit pas parce qu'on a peur, ou pas le temps. Parce que les autres... tout simplement.

jeudi 4 août 2016

5 à la semaine !


L'aventure Métachronique ne s'arrête pas là...
Vous pouvez désormais retrouver mes articles musique sur le tout nouveau 5 à la semaine.



Ce blog regroupe les chroniques de Julie et Lucas, deux passionnés de son et de musique chacun à sa façon. Et c’est justement le point de départ : une volonté de faire découvrir de la musique, pallier aux propositions algorithmiques par du choix humain. Comme quand deux personnes s’échangent leurs derniers coups de cœurs lors d’une soirée, d’une aprèm, d’une écoute. Il nous permet de mettre par écrit des paroles qui nous ont touchées, des mélodies qui nous bouleversent, des sensations musicales fortes, avec l’espoir de vous transmettre toutes ces émotions. Car la musique est difficile à cerner dans son effet sur nous, et sur vous.

Le principe est simple : une chronique par jour de la semaine, du Lundi au Vendredi. Le samedi vous trouverez une playlist regroupant nos morceaux préférés des albums de la semaine. Et dimanche, pour les réveils à rallonge, pour les journées gueules de bois ou pour accompagner vos barbecues, nous vous concoctons une playlist «découverte totale».

A bientôt, ici ou là...